Ce que je dis ou j'écris décrit-il ce que je sais et veux partager ?
Il me semble parfois difficile de transcrire fidèlement et exhaustivement mes connaissances. Par où commencer, quelle structure de présentation adopter, quels mots ou concepts utiliser, où m'arrêter dans l'explication ? ...
Les organisations proposent des formats pour une meilleure description de la connaissance. Mais celles-ci hésitent entre un format orienté utilisateur et un format orienté déténteur.
Ce que je partage sera-t'il compris par les auditeurs ou lecteurs ainsi que je le voudrais ?
Comme le peintre est "propriétaire" de son oeuvre jusqu'à sa publication, je pourrais vouloir orienter la compréhension de celui à qui je passe ma connaissance, pour souligner des informations que je juge plus marquantes, plus déterminantes. Dois-je rester factuel et laisser la totale interprétation à l'utilisateur ? Un acte de foi presque. Dois-je enrichir le transfert de la valeur ajoutée que constituent mon opinion, mon expérience et mon intuition ? Est-ce le "fait" ou ce que je fais du "fait", qui le plus important à partager ? Il y a dans le partage de la connaissance un besoin d'un ajustement mutuel autour de la valeur construite avant, pendant et après le partage.
Qu'est-ce qu'a voulu dire l'auteur derrière ce mot, cette phrase ?
Pour reprendre ici le thème de la viscosité de la connaissance, je recours à une notion développée aujourd'hui avec Olivier Seres, le niveau d'adhérence.
Dans quelle mesure telle connaissance est-elle très adhérente à son auteur ou détenteur ? - Ce dernier a sans doute tenté de vulgariser une notion à travers ce mot, que le lecteur a du mal à comprendre. Il faut à ce dernier tenter de remonter vers le détenteur originel pour saisir le sens. Nous retrouvons là la problématique du spectateur devant une toile d'un maître pourtant illustre.
Une infomation sans aucune adhérence n'est-elle pas futile, ou tout au moins tellement factuelle qu'elle peut prêter à toute interprétation? Je n'ai pas le sentiement que les informations d'un journal télévisée, pourtant réputées factuelles, puissent être considées sans adhérence par rapport à la ligne éditoriale de la chaîne.
Dans un système outillé de partage de la connaissance, je suggère de caractériser chaque connaissance partagée en fonction de son niveau d'adhérence. Ainsi, Ce sytème combinera-t'il intelligement, selon moi, le "quoi" de la connaissance et le "qui sait quoi" de la relation détenteur-utilisateur de la connaissance.
28 février 2005
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